Recommandations

René Kobler, architecte, ingénieur en environnement et vice-président de DSS a développé en 2002 à l'institut des technologies environnementales de l'école d'ingénieur de Bâle une directive en 5 points pour réduire la pollution lumineuse.

Recommendations en 5 points pour réduire la pollution lumineuse

  1. Nécessité (aspect fondamental)
  2. Protection et abats-jour (aspect spatial)
  3. Direction de l'éclairage (aspect de planification)
  4. Type et intensité de l'éclairage (exigences)
  5. Limitation dans le temps (aspect temporel)

Nécessité

Les mesures les plus efficaces sont celles qui sont prises au stade de la planification. Un luminaire qui n'est pas indispensable, si il n'est pas installé, permet d'économiser des ressources (coût d'achat, d'installation, d'exploitation, d'entretien). La question de l'assainissement se pose naturellement, puisqu'il y a toujours plus de sources de lumière qui éclairent notre environnement. Ceci est particulièrement vrai pour les enseignes lumineuses. Une faible intensité lumineuse suffit la plupart du temps pour attirer l'attention. La pose d'enseignes non lumineuses est souvent possible dans nos environnements urbains sur-éclairés. Un règlement communal clair concernant l'extinction des sources lumineuses peut aussi faciliter l'assainissement, en supprimant les sources lumineuses redondantes. (Kobler 2002)

Protection et abats-jour

Les réflecteurs et les abats-jour font partie des mesures principales empêchant la lumière de se répandre dans la mauvaise direction. L'illumination de l'espace ouvert au-dessus de nous, c.-à-d. le ciel, est fortement nuisible et devrait absolument être évitée. L'énergie utilisée par les émissions superflues se transforme immédiatement en déchet lumineux et engendre ce qu'on appelle la pollution lumineuse. Par exemple, les boules lumineuses éclairent dans toutes les directions et représentent une source de pollution produisant un énorme gaspillage d'énergie (environ 50% de pertes d'un point de vue géométrique). De plus, la source de lumière étant visible, le rapport entre la luminance et l'éblouissement est mauvais. L'installation d'abats-jour équipés de réflecteurs aura pour but de réverbérer la lumière et de la limiter au secteur correspondant à la fonction de l'éclairage. Ainsi, il sera possible d'éclairer une surface bien définie avec une intensité lumineuse identique, tout en réduisant la consommation d'énergie. Par conséquent, les réflecteurs et les abats-jour s'avèrent avoir un potentiel technique permettant de réduire de manière significative la pollution lumineuse et le gaspillage d'énergie (Kobler 2002).

Direction

L'éclairage devrait en principe se faire du haut vers le bas. Toutes les autres directions engendrent des problèmes de pollution lumineuse (éblouissement, lumière envahissante, réduction de l'obscurité du ciel) et des coûts plus élevés. (Kobler 2002)

Type et intensité de l'éclairage

Tandis que le problème de la lumière émanant d'une lampe de façon incontrôlée est soluble par l'installation de réflecteurs, la question de la réverbération amène une difficulté structurelle de base. En général, les objets sont perçus par la lumière qu'ils réfléchissent. Il s'agit donc d'un facteur sur lequel il n'est pas possible d'agir. Une réduction de la pollution lumineuse serait par définition uniquement possible, si seuls les objets strictement nécessaires étaient éclairés et l'intensité lumineuse réduite à un minimum requis. La prise en compte du spectre lumineux s'avère avoir des effets positifs complémentaires sur l'environnement. Il est recommandé d'éviter les rayonnements du domaine des ondes courtes et visibles et des ondes UV, épargnant ainsi au monde des insectes bon nombre de conséquences néfastes. En ce qui concerne les oiseaux migrateurs, aucune affirmation précise ne peut être émise, du moins, aucune n'est connue (communication personnelle de B. Bruderer, octobre 2002). Chez l'homme, la lumière rouge/orangée a un effet positif sur l'adaptation de l'oeil à l'obscurité. Au cours du 2e Symposium sur la protection du ciel nocturne, les lampes à vapeur de sodium à basse et à haute pression ont été déclarées comme étant les plus appropriées (Kobler 2002).

Limitation dans le temps

Un luminaire éteint n'engendre aucune pollution lumineuse. Les enseignes lumineuses sont un exemple typique. L'impact publicitaire durant la seconde partie de la nuit est discutable. La législation pour la protection contre le bruit définit deux périodes: la journée (de 6h à 22h) et la nuit (de 22h à 6h). Cette distinction pourrait être reprise pour la protection contre les émissions lumineuses, afin que la protection du repos nocturne soit cohérente. (Kobler 2002)

Contact :

René L. Kobler
Institut für Umwelttechnik
Departement für Industrie
Fachhochschule beider Basel
Tél : 061 467 45 87
Fax : 061 467 44 61